Saintfiet emmène la Gambie en territoire inconnu


Le héraut

BAFOUSSAM. — « Tout le monde pensait que j’étais fou », déclare Tom Saintfiet à propos de sa décision d’assumer le poste d’entraîneur de la Gambie, et pourtant le Belge a mené la petite nation ouest-africaine en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations.

Ils affrontent la Guinée dans la ville camerounaise de Bafoussam aujourd’hui à 18 heures après s’être qualifiés de leur groupe contre toute attente, battant la Mauritanie et l’ancien champion de Tunisie et faisant match nul avec le Mali.

C’est un exploit remarquable pour les Scorpions après avoir atteint la CAN pour la toute première fois sous Saintfiet, le joueur de 48 ans dont le CV le révèle être un véritable globe-trotter.

Il a eu des passages avec sept équipes nationales africaines différentes ainsi qu’avec le Yémen, Trinité-et-Tobago et Malte, sans parler de l’équipe des moins de 17 ans du Qatar et un passage aux îles Féroé.

« Je n’aime pas trop le mot globe-trotter. J’ai fait le tour du monde pour être entraîneur plutôt que de travailler comme entraîneur juste pour parcourir le monde », raconte-t-il à l’AFP.

Saintfiet a commencé à entraîner à 24 ans avec une équipe de ligue inférieure en Belgique, après avoir renoncé à jouer après s’être rompu les ligaments croisés du genou pas moins de six fois.

Il a passé la moitié de sa vie à voyager d’un pays à l’autre.

« J’ai eu beaucoup d’aventures mais la meilleure histoire est celle-ci, à la CAN avec la Gambie. Je suis si heureux et si fier de mon équipe », dit-il.

Le petit pays qui longe les rives du fleuve Gambie est entouré – à l’exception d’une petite côte atlantique – par le Sénégal, l’équipe nationale la mieux classée du continent. La Gambie, quant à elle, n’avait même jamais participé au tournoi auparavant.

Ils n’ont gagné qu’une seule fois lors des qualifications pour la finale de 2019, mais l’élargissement de la Coupe des Nations à 24 équipes a aidé, ainsi que l’influence de Saintfiet.

« Quand je suis arrivé en juillet 2018, la Gambie n’avait pas gagné de qualification depuis cinq ans, depuis sa victoire 2-0 sur la Tanzanie en septembre 2013 », se souvient-il.

« Il n’y avait aucun espoir, l’équipe était 172e au classement FIFA. J’ai dit que j’étais venu pour qualifier la Gambie et les gens ont pensé que j’étais fou.

« J’ai parcouru l’Europe, à mes frais, pour aller convaincre des joueurs ayant la double nationalité de nous représenter.

« Je sais que notre fédération a des moyens limités, donc je peux soit rester à la maison, soit je peux m’investir dans mon équipe. L’argent n’a jamais été ma motivation.

Son premier match a eu lieu contre l’Algérie en septembre 2018, lorsque les Scorpions ont remporté un match nul 1-1 devant une foule bruyante.

« Il y avait 45 000 personnes dans le Stade de l’Indépendance, mais la capacité n’est que de 25 000.

«Il y avait des fans accrochés aux pylônes des projecteurs, grimpant sur le tableau de bord, partout. Le match a commencé avec une heure et demie de retard, et nous avons tenu Riyad Mahrez et tous ces grands joueurs à égalité.

Ils ont échoué lors de cette campagne de qualification, mais l’équipe de Saintfiet s’est qualifiée pour cette édition au Cameroun en tête d’un groupe comprenant le Gabon, la RD Congo et l’Angola.

Il a une équipe composée en grande partie de joueurs basés en Europe, dont certains sont nés là-bas, dont Ibou Touray de Liverpool et Saidy Janko de Suisse. — AFP.

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