Randonnée sur le Chemin Cathare – GR 367.


Le Chemin Cathare est un sentier de 260 km en Languedoc, dans le sud de la France, un peu au nord des Pyrénées.

Il débute à Port-la-Nouvelle, près de Perpignan, et relie neuf ruines de châteaux cathares jusqu’à Foix.

Les Cathares étaient une secte catholique, particulièrement forte en Languedoc.
Les chrétiens entamèrent alors la croisade des Albigeois contre eux au XIIIe siècle.

Jour 1

Hier, j’ai rendu visite à un ami avec qui j’ai travaillé dans une ferme de pastèques à Katherin (Australie) il y a 11 ans, et que je n’ai pas revu depuis.
C’était plutôt cool de se remémorer cette époque folle.

Je pars de chez lui, près de Perpignan, le matin.
Je prends un train pour Port-la-Nouvelle, là où commence le sentier.

Je commence à marcher après le déjeuner mais je parviendrai quand même à marcher environ 30 km car c’est un terrain assez facile.
Je marche à travers ce que nous appelons la garrigue (essentiellement un environnement sec du sud) et les vignes, et ce n’est rien de spécial pendant la majeure partie de la journée.
Mais je l’apprécie toujours.

Je suis assez reposé et le terrain facile facilite la rêverie en écoutant de la musique.
Même s’il fait très chaud vers 16h.

En fin de journée, je passe devant Curban et plante ma tente juste après le village car il fait déjà nuit.


Jour 2

Eh bien, il fait plutôt chaud et humide dès que je me lève.
La recette parfaite pour des frottements amusants…
Le ciel est assez menaçant aussi.
Les insectes sont partout aujourd’hui, alors je garde mon filet à portée de main.

J’avance vraiment bien le matin, en arrivant à Aguilar, mon premier château cathare à l’heure du déjeuner.
Je passe à Tuchan, mon prochain réapprovisionnement, mais il semble que lorsque vous vous rapprochez de l’Espagne, vous obtenez des heures d’ouverture espagnoles.
Cela m’est arrivé l’année dernière à quelques reprises dans ce domaine.
Je dois attendre jusqu’à 15h30 pour prendre une bière dans un bar juste avant la fermeture (horaires espagnols aussi ?).

Une chose à laquelle je n’ai pas pensé, c’est que je dois contourner les heures d’ouverture des châteaux.
Ce qui peut être délicat si vous ne voulez pas perdre une demi-journée ou sauter un château.
Si j’arrive à un château à 17h, cela signifie que je ne peux pas rentrer avant 9h30 le lendemain, ce qui raccourcit considérablement mes journées de randonnée.
Rien qu’un peu de planification ne puisse résoudre, espérons-le.

Difficile à croire, mais il n’a pas plu aujourd’hui, même si le ciel est encore assez sombre quand je plante ma tente.


Jour 3

Une autre journée chaude et humide avec beaucoup de frottements et de transpiration.

Comme le château de Quéribus ouvre à 9h30 et que je ne suis pas si loin, j’ai un départ tardif.
Mais apparemment, je n’ai toujours pas assez dormi parce que j’ai raté un carrefour et que j’ai fini par marcher 40 minutes de plus.
Le château est vraiment cool et les vues sont superbes.
Avec le château de Peyrepertuse, c’est l’un des châteaux cathares les plus célèbres et vous comprendrez pourquoi.

Je me dirige vers le charmant village de Cucugnan où je déjeune.
Je suis rejoint par un randonneur rencontré hier.
Il n’arrive pas à croire que mon sac à dos ne pèse « que » 7 kilos.
Ce qui n’est certainement pas ultra-léger, mais toujours du côté léger, je suppose.
Surtout en France où il est difficile de se procurer du matériel ultraléger car c’est très cher. Il est aussi horrifié que je n’ai qu’un seul ensemble de vêtements.

Je continue vers Peyrepertuse et c’est une assez grosse montée hors sentier pour atteindre le château.
Je suis complètement trempé au moment où je l’atteins.
C’est un endroit très impressionnant.
Les vues elles-mêmes valent la montée et le billet, mais le château est magnifique.
J’étais en fait ici l’année dernière lors de ma randonnée à travers la France, mais il y avait des pluies torrentielles, donc je n’ai pas pu la visiter.

Le ciel est toujours menaçant maintenant mais d’une manière ou d’une autre il ne pleut toujours pas.

Pour terminer la journée, j’ai une très belle promenade au sommet d’une petite montagne, avec une vue imprenable et un ciel maussade tout autour.
Je dois ensuite choisir entre le sentier principal et un autre en prenant plus de châteaux.
Je décide d’emprunter le sentier principal pour l’instant car je n’ai plus d’eau et c’est là que se trouve le village le plus proche.

Je ferai aussi l’alternative de toute façon, car je collecte des données pour une application de randonnée.


Jour 4

Eh bien, c’est une journée assez facile qui est un peu meh… Je savais que l’alternative du Nord n’était pas si sexy et surtout un raccourci.

Je finis la journée assez près de l’autre jonction avec l’alternative Sud.
Je ne sais toujours pas quoi faire.
Revenez à l’endroit où j’étais hier, puis parcourez l’alternative, ou parcourez-la et attelez-la après.
Je suis assez fatigué et mon cerveau ne fonctionne pas, donc c’est une décision pour moi demain.


Jour 5

Une autre journée assez facile.
J’atteins la jonction avec l’alternative sud et décide de continuer à marcher dessus.
Il ne fait plus aussi chaud qu’avant et c’est assez plat donc j’avance bien.

Je remarque que certains arbres sont déjà devenus complètement rouges, ce qui semble très tôt dans ce grand sud, mais je suppose que cette canicule estivale a tout gâché.

Juste une heure avant l’heure de fermeture, je parviens à visiter le château de Puilaurens, qui a un emplacement plutôt cool.
Je marche encore deux heures, juste avant qu’il ne commence à pleuvoir.

Jour 6

Hier soir, j’ai reçu la visite de sangliers.
Ils étaient bruyants mais restaient à distance.
Il a aussi pas mal plu.
Je pense qu’il a plu tous les soirs depuis que j’ai commencé mais pas une seule fois dans la journée.
Toucher du bois.

Je marche juste une demi-heure avant d’atteindre un carrefour pour un détour par Fenouillet pour voir d’autres ruines.
En montant et en entrant dans le village, j’ai une forte impression de déjà-vu.
Cela a du sens car j’étais ici il y a un an (presque exactement) lors de ma grande randonnée à travers la France.
Mais j’ai traversé tellement d’endroits et de villages, j’ai du mal à retenir les noms, même si c’est récent.
L’endroit a l’air vraiment bien dans la lumière du matin.

Je continue ensuite à marcher sur d’autres sentiers que j’ai parcourus l’année dernière.
Je passe par Caudiès, dont je me souviens de l’année dernière.
J’espérais me réapprovisionner ici, mais le magasin avait des heures d’ouverture folles.
C’est encore pire cette année !
Ils ferment entre 12h et 17h !
Aujourd’hui, je n’ai pas besoin de me réapprovisionner, mais comme je suis là pendant les 5 minutes d’ouverture du magasin, je reçois des biscuits et une boisson.

Il pleut le midi mais rien de bien méchant.

L’après-midi, je croise un randonneur intéressant…
Il est dans la soixantaine, avec de longs cheveux blancs et une grande barbe blanche touffue, plutôt pâle et ne portant que de petits sous-vêtements noirs.
Il utilise cependant des bâtons de marche.
Mais le plus étrange, c’est qu’il n’a même pas de sac de jour ni d’eau.
C’est le sud de la France… Il fait chaud.
Quoi qu’il en soit, au bout d’un moment, je me retourne et le vois à 100 mètres, ne marchant pas et ne me fixant pas (ou dans ma direction).
Je continue à marcher pendant quelques minutes, je me retourne à nouveau et je vois qu’il s’est retourné et marche maintenant dans ma direction.
Mais au bout d’un moment je ne le vois plus.
Quoi qu’il en soit, j’espère qu’il a mis beaucoup de crème solaire avant sa promenade…

Le reste de la journée est magnifique, jusqu’à Saint-Paul de Fenouillet où je m’arrête dans un camping.
J’avais l’intention de planter ma tente, de faire l’épicerie, puis de continuer à marcher jusqu’à la fin de l’alternative sud sur laquelle je me trouve, puis de retourner au village.
Mais le shopping prend plus de temps que je ne le pensais, alors je décide d’être paresseux et de prendre des bières belges à la place.


Jour 7

Je laisse tout mon équipement au camping et marche pendant deux heures dans les gorges de Galagus.
Il y a pas mal de route qui marche dans la gorge mais il n’y a pas de circulation et c’est magnifique.
Un peu plus bas dans la gorge se trouve la belle retraite de Saint-Antoine de Galamus.
Il est trop tôt pour le visiter, mais c’est beau.

Au bout de la gorge, j’atteins la jonction est des alternatives et je reviens en ville.
Je range mes affaires et recommence à faire du stop pour rejoindre le carrefour ouest, où j’étais il y a deux jours.

L’attelage se passe bien et j’y suis à l’heure du déjeuner.
D’après la dame qui m’a offert mon dernier tour, le château voisin est le mieux conservé et ils y ont également tourné la fin de la Neuvième Porte.
Mais quand j’arrive, ils ne prennent pas de carte de crédit et je n’ai plus d’argent.
Dommage.

Le reste de la journée est assez facile et je progresse bien.
J’arrive à Espezel où je vais dans un camping pas cher et sympa.
Deux douches d’affilée…
On pourrait s’y habituer.


Jour 8

Mec, il fait un froid glacial quand je me réveille et ça va rester super froid jusqu’à 11h.
Ce qui est bizarre à la mi-septembre si loin au sud.

L’année dernière, j’ai parcouru le GR 10 à travers les Pyrénées entre la mi-septembre et la mi-octobre et il n’a jamais fait aussi froid.
Il a fait froid et j’ai même eu de la neige, mais rien de tel qu’aujourd’hui.

Mais c’est probablement la journée la plus diversifiée sur les sentiers.
Quelques petites montagnes avec de superbes vues, une belle gorge, de belles forêts, de beaux villages et un château avec de superbes vues à 360°.


Jour 9

Aujourd’hui, c’est vraiment facile.
Je pars visiter les ruines du château de Roquefixade où la vue est superbe.
C’est principalement plat jusqu’à la fin où je descends vers Foix et termine par une promenade de 5 km.

Le château de Foix est assez impressionnant mais il est fermé aujourd’hui.
Avant d’aller à la gare, je vais à la pharmacie chercher de la crème pour soulager mes problèmes de frottements aux pieds.
J’utilise toujours la même crème et ça marche à merveille.
Ils ne l’ont pas et essaient de m’en vendre un autre, c’est deux fois plus grand.
Il est clair qu’ils pensent que je suis fou quand je dis que 40 grammes, c’est trop lourd par rapport à mon 20 grammes.

Quoi qu’il en soit, j’espérais prendre un train pour Toulouse, passer une nuit là-bas et prendre un bus demain pour Grenoble pour ma prochaine randonnée, mais toutes les options bon marché et centrales de la ville ont disparu lorsque je vérifie, alors je décide de prendre une nuit bus à la place.
Ce n’est pas la meilleure façon de se reposer entre les sentiers, mais c’est ce que c’est.
J’espère pouvoir acheter de nouvelles chaussures et chaussettes à Grenoble car il était temps.



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