Marins, sirènes et surfeurs de la Côte Basque


Si leurs ports d’attache respectifs ne se ressemblent pas un demi-millénaire plus tard, des efforts sont en cours pour protéger ou restaurer le paysage terrestre et marin entre eux. Bermeo est maintenant une porte d’entrée vers la vaste réserve de biosphère d’Urdaibai, une zone de marée où la rivière Oka s’écoule à travers un large estuaire flanqué de bois et de zones humides. Auparavant, les zones humides avaient été en grande partie drainées et dégradées, et un écosystème autrefois florissant était déserté, mais les digues et autres barrières ont été supprimées pour permettre à l’eau de s’écouler à nouveau dans les marais. Ces efforts de restauration ont rendu la région à une vie abondante – les plantes indigènes fleurissent à nouveau et les oiseaux reviennent en masse.

« La biodiversité a considérablement augmenté, passant d’environ 100 espèces à environ 225 », explique Rowan Hardman, un coordinateur du British Council qui travaille en étroite collaboration avec le Urdaibai Bird Center. L’organisation a ouvert ses portes en tant qu’organisation à but non lucratif en 2012 et accueille désormais les visiteurs dans un musée ultramoderne et une plate-forme d’observation surplombant le marais. « Nous voyons des oiseaux qui n’étaient jamais là auparavant. Sarcelles d’été, grèbes, balbuzards… Certains, comme les fuligules milouins, se reproduisent ici maintenant.

Son préféré est la spatule. «Ils sont grands, blancs et dramatiques, mais aussi si calmes et statiques. Ils dorment toujours ou lissent tranquillement leurs plumes. Ils reflètent à quel point ce marais est devenu pour eux un havre de paix. La réserve est une escale essentielle pour les spatules et autres hôtes migrateurs, comme le héron pourpre, qui atterrissent ici en route vers ou depuis l’Afrique. Venant de la côte sud de l’Angleterre, Hardman a entendu ici des histoires sur le lamiak, mais elle est un peu plus sensible aux mythes locaux liés aux oiseaux.

« Eh bien, on dit que les hirondelles portent chance, alors il ne faut jamais détruire leurs nids. Il y a un élément religieux à cela, je pense, parce que la couleur de leurs plumes est associée à la Vierge Marie. En effet, des voix ancestrales ont tendance à prétendre que les lamiak se sont retirés de cette région au fur et à mesure que le christianisme s’y est propagé, leurs oreilles sensibles aux échos des cloches des chapelles dans le désert.

Ce même son apportait chance et réconfort aux pêcheurs. Les jours de fête d’été, des processions de pèlerins de Bermeo, Bakio ou Arrieta traversent le long pont de pierre menant à San Juan de Gaztelugatxe, gravissent les 241 marches (on dit qu’une marche porte l’empreinte de Jean-Baptiste lui-même) et sonnent la cloche de l’église au sommet trois fois. On dit que sonner la cloche porte chance et protège contre le mal, en particulier pour les âmes courageuses qui travaillent en mer.

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