Les Philippines s’opposent à ce que le prix Nobel Ressa se rende à Oslo


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Manille (AFP) – Les avocats du gouvernement philippin se sont opposés à ce que la lauréate du prix Nobel de la paix Maria Ressa se rende à Oslo le mois prochain pour récupérer son prix en personne, décrivant la journaliste dans des documents judiciaires comme « un risque de fuite ».

Ressa, co-fondateur du site d’information Rappler, et le journaliste russe Dmitry Muratov ont reçu le prix en octobre pour leurs efforts pour « sauvegarder la liberté d’expression ».

L’ancien correspondant de CNN, qui est en liberté sous caution dans l’attente d’un appel contre une condamnation l’année dernière dans une affaire de cyber diffamation, a demandé l’approbation du tribunal pour se rendre en Norvège pour la cérémonie du 10 décembre.

Mais le solliciteur général a déposé une réclamation auprès de la Cour d’appel, arguant que le droit de voyager de Ressa n’était « pas absolu » et qu’elle n’avait pas présenté de « raison impérieuse » pour se rendre à Oslo, selon une copie du document vue par l’AFP le Jeudi.

« Ses critiques récurrentes des procédures judiciaires philippines dans la communauté internationale révèlent son manque de respect pour le système judiciaire qui fait d’elle un risque de fuite », a déclaré le solliciteur général dans le document daté du 8 novembre.

Une décision de la Cour d’appel est en instance.

Ressa a été un fervent critique du président Rodrigo Duterte et des politiques de son gouvernement, y compris une guerre contre la drogue qui a fait des milliers de morts.

Depuis que Duterte a été porté au pouvoir en 2016, Ressa et Rappler ont subi ce que les défenseurs des médias disent être une série écrasante d’accusations criminelles, d’enquêtes et d’attaques en ligne.

Elle fait face à un total de sept affaires judiciaires, y compris l’appel contre une condamnation dans l’affaire de cyber diffamation, pour laquelle elle risque jusqu’à six ans de prison.

Ressa, qui est également citoyenne américaine, se trouve actuellement aux États-Unis après avoir reçu l’autorisation du tribunal de s’y rendre.

L’Institut Nobel a déclaré que c’était « une honte pour une nation de ne pas libérer ses citoyens pour qu’ils se rendent à Oslo pour recevoir le prix Nobel de la paix ».

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